Elites, patrie

Publié le par memoire-et-societe

   - Ne trouvez-vous pas  que certaines de "nos Elites " manifestent une manière de condescendante désinvolture pour la patrie (française)? dédain de l' archaïque candeur d' un populo qu' on convoque dans les grandes occasions : guerres, élections, déficits, décompte des médailles aux Jeux Olympiques ? ralliement pragmatique au gouvernement des Marchés ? reconnaissance de la primauté de cénacles apatrides ? Irrémédiablement classé beauf', franchouillard, cocardier, chauvin, ringard, le patriotisme (français) parait ainsi ne bénéficier ni de la clientèle ni de la passion qui flattent des nationalismes étrangers plus scénarisés ou plus sacralisés. Certaines de "nos Elites" ne se hâtent-elles d' ailleurs pas de filer d' un pays natal accablé d' impôts, submergé par le chômage, et trainé dans la boue par de jeunes compatriotes qui, kakach à portée de main, promettent de le "niquer" ? ne pensez- vous pas qu' il est des élites qui éprouvent même un plaisir pervers à dénigrer leur origine, à chanter le déclin du patrimoine, ne se référant à lui que comme vague allusion  au séjour de parents défunts ?

   - Attention! Vos réflexions font le lit du populisme!

   - Rien pourtant ne me prédispose à être le garçon d' étage du populisme si l' on sous-entend  là relents de xénophobie et d' ethnicisme. J' observe seulement que les sarcasmes engendrés par le souverainisme, stratégie que je n' approuve pas, coïncide, malgré tout, avec un mépris mal dissimulé de l' "infantilisme populaire". J' observe que ceux qui constituent les meilleurs pourvoyeurs du populisme sont ceux qui ,en toute démocratie, privent des millions d' électeurs d' élus ou les poussent à l' abstention,  alimentent les communautarismes, gèrent au-delà des lois, insultent les juges qui les font appliquer, s' octroient des rémunérations provocantes et courent planquer hors frontière le fric qu' ils ont amassé dans la mère-patrie.

   - Mais il s' agit d' abord de sauver la République!  

   - Pour ma part, je reste sur la conviction, au demeurant républicaine, voire "dantonnesque" , que respecter aujourd' hui son pays est y demeurer jusques et y compris dans l' infortune, estimer qu' il vaut davantage qu' un passeport et une carte vitale, et plus que ses actuelles institutions dévaluées par les inégalités qu' elles parrainent. La France n' est pas née d' un coup de crayon dans une conférence internationale, comme les nations anciennement colonisées. Elle est issue de siècles de débats, de combats, d' avancées et de reculs, d' une volonté tenace. Si je ne l' exempte pas de critiques, ni ne gomme ses illusions, je rends grâce aussi à son parcours, à sa turbulente parturition, aux figures empoussièrées que son Histoire m' a révélées, Bara, Viala, Rossel, Decour, Cavaillès, cent autres. La fonction des douanes a certes évolué: on doit penser désormais " continent". Mais est-il totalement irréaliste de souhaiter voir certaines de "nos Elites" rattacher parfois leur vision de la mondialisation à un si petit hexagone, descendre sans complexe au coin de la rue, bref réintègrer un moment la chère et vieille République? Pour la sauver, précisément.

 

 

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