Derrière la façade

Publié le par memoire-et-societe

 L' élection, dans les démocraties libérales et leurs caricatures, est une trouvaille. C' est devenu à la fois l' alibi qui atteste du respect de la volonté du peuple et un sauf- conduit qui permet ensuite de fourguer toutes les camelotes . L' Argent est patient quand il le faut, formé aux concessions inévitables, et imbattable dans l' art de la manipulation. Avec lui, les apparences sont toujours sauves et l' arnaque quasi parfaite.

Car la stratégie de la Finance internationale n' est plus prioritairement de circonvenir les Etats,  pauvres hères harcelés par de subalternes questions d' éthique, d' opinion publique et d' équilibre budgétaire. Le Capital, qui a déjà de quoi éponger plusieurs fois les déficits nationaux additionnés, s' est organisé autrement pour gèrer ses intérêts sans être dérangé.

Il a choisi de court-circuiter le suffrage universel -que, bien entendu, il respecte profondément - par le biais de cénacles restreints et ultradiscrets, dans la tradition établie  des Clubs sélect et des lobbies efficients. Là sont domiciliés les vrais centres de décision ou banquiers, anciens ministres, patrons de multinationales, hauts fonctionnaires internationaux, se retrouvent pour " réfléchir " à la répartition des potentiels " fruits de la croissance ", qui peuvent être aussi des superprofits issus de la spéculation et d'une optimisation de la fraude fiscale offerte par de multiples paradis.

La ligne est claire: moins d' Etat, plus de business. Aussi, pour le bien de la Société entière, l' électeur doit-il être protégé contre lui- même, comme l' enfant qu' on aide à traverser la rue pour lui éviter l' accident. Pour cela une bouée miraculeuse: le Marché, arbitre suprème de l' Economie planètaire, flanqué de deux adjoints incontestables : la Bourse et les Agences de notation. Il n' y a plus qu' à laisser faire...

Tiens, un joli lot : l' Europe, panier de crabes idéal, couvert de dettes souveraines, bouffé par la chômage, empêtré dans le clientèlisme électoral et des corporatismes obsolètes. Immeuble à rentabiliser à la découpe. Il suffit d' enlever un Plus ou un A  par ci par là, et voilà les proprios à genoux, courant partout pour sauver leur taux d' emprunt.

Le F.M.I, la  Banque Mondiale, l' O.M.C , d' accord on sait à peu près de quoi il s' agit. Le Forum Economique Mondial de Davos, c' est déjà plus mystérieux, compte tenu de la réserve des médias qui ne veulent pas lasser le public avec des histoires compliquées de gros sous. Mais la " Conférence de Bilderberg ", la " Commission Trilatérale ", vous avez entendu parler?et de l' IASB ?de l' IPSAS Board?Je vous fais grâce de la signification de ces sigles en anglais,

sachez seulement que c' est du lourd au niveau de la gestion de la planète .

A côté, le gentil dîner mensuel du " Siècle " sis à l' Automobile Club à Paris fait figure de classe de maternelle.On y flatte son ego plus qu' on y  "manage " la marche du monde...

En l' occurrence, ce qui est à retenir est assez simple :

-ce n' est pas l' élection qui désigne nos dirigeants, mais une cooptation opaque sur des critères étrangers aux citoyens

-la gouvernance mondiale confirme un glissement vers la rétention d' information amorcé du temps de la guerre froide

-l' élection n' est prise en compte par l' oligarchie dominante que comme défouloir passager pour les masses,et utile de surcroît au contrôle social.

Tout le monde se souvient de la formule de Churchill disant que " la démocratie est le pire des régimes, après tous les autres. "  La démocratie en trompe-l'-oeil, ou plutôt le despotisme éclairé et atlantiste qu' on nous fabrique, devient " le pire des régimes, avec tous les autres ".

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