Contre-sens

Publié le par memoire-et-societe

   Il semble avéré que dans les pays européens où les droits de la personne sont inscrits dans des lois, l' individualisme ne cesse de progresser ( et avec lui les phénomènes de retrait : élections, école, travail ). De  là à l' égocentrisme, la distance se réduit sous le flou du terme de liberté . Ainsi, certains des accommodements auxquels est soumis ce dernier concept peuvent-ils constituer un obstacle à l' égalité républicaine chère aux discours officiels.

   D' une part, l 'aspiration libertaire qui hante nos sociétés, dans la continuité du mouvement soixante huitard, encourage des revendications parfois irréalistes, d' autre part le contrôle bureaucratique des individus par le biais de technologies sophistiquées mène à une sorte de désidentification générale.

   C' est cette contradiction qui engendre l' inattention à l'autre et l' indifférence à tout, l' enfermement catégoriel et la priorité actuelle des intérêts particuliers. Je pensais à cela à propos de l' acharnement des syndicats médicaux à défendre et consolider un privilège à mon avis indécent : les dépassements d' honoraires des spécialistes.Chacun sans doute a connu un jour l' obligation de s' adresser à l' un d' eux; chirurgien ou cardiologue,parodonte ou ophtalmo, et de devoir règler un tarif représentant plusieurs fois le montant du remboursement de la Sécurité Sociale, quand la moitié des Français n' a pas de quoi souscrire à une Mutuelle complémentaire.
   S' il ne s'agit pas là d" égoïsme sous le faux nez de la liberté, c' est qu' il ne reste rien à comprendre.Dans un pays de trois millions et demi de chômeurs enregistrés, où le pouvoir d' achat régresse avec une infaillible régularité, où les jeunes, les retraités, les femmes seules, se débattent dans une croissante précarité, les "spécialistes " (qui ne quittent pas les centres-villes, observent pour la plupart des horaires de bureaucrates, et ramassent la mise ) sont des dangers publics.

   Les élites, toujours promptes à s' émouvoir devant un mouvement de société, s' inquiètent du développement du communautarisme. Que ne s' alarment-elles pas, parallèlement, du comportement anti-social des lobbys qu' elles protègent et qui les protègent !

   Si le communitarisme est en effet " clivant ", c" esr parce qu'il correspond non seulement à un problème culturel mais encore à une exclusion par l'argent et à un réflexe corrélatif de solidarité. Quant aux " libertés " invoquées à tout bout de champ par les égoîsmes de haut niveau, elles demeurent ce qu' elles sont : des contre-sens. 

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