Consensus et identité

Publié le par memoire-et-societe

C'est au moment  ou les dirigeants franco-allemands insistent sur la nécessaire convergence des deux pays- le "Merkozy- que rebondit en France le problème identitaire.Le consensus européen et l'unité hexagonale se contrediraient-ils?
La situation est d'autant plus paradoxale qu'il n'est personne pour nier le besoin d'un rapprochement apte à garantir la place du continent dans un univers ou les cartes se redistribuent rapidement.
La question de l'identité n'est-elle pas une vieille lune? La Révolution l'avait transcendée avec la proclamation d'une République égalitaire (Fete de la Fédération) dont, peu à peu, le jacobinisme a rogné les ailes. Certaines poches d'irrédentisme et des régionalismes récemment réactivés (écho de la fin de l' Empire colonial?) n'ont jamais sérieusement entamé la Nation qui a,d'autre part, opéré des réformes non négligeables de décentralisation.

La difficulté provient donc d'ailleurs, notamment de l'afflux de populations de culture étangère. Le phénomène n'est pas neuf: il existe depuis près de deux  siècles par le biais de l'immigration intra-européenne ( Belges, Polonais, Italiens, Espagnols, Portugais ). Ce qui le caracrérise aujourd'hui est moins l'altérité que le nombre de personnes "non accueillies" et  poussées, théorie de la  hiérarchie des civilisations aidant,  vers un repli communautaire contraire à la démarche républicaine d'intégration.

Mieux encore: le tropisme identitaire s'est renforcé au sein de  groupes citoyens établis de longue date dans le pays: juifs et maghrébins par exemple. Les sifflets qui accueillent  " La Marseillaise " dans les stades sont attribuables à une rancune découlant de la période coloniale que la génération siffleuse n'a d'ailleurs pas vécue. S' y ajoute un sentiment de discrimination raciale qui stimule l' économie parallèle et une solidarité ethnique menant certains jusqu'aux maquis algériens ou afghans.

D'autre nature apparait le regain d' affirmation de l' identité juive. Alors qu'avant guerre les "Israelites " revendiquaient leur totale assimilation, la Shoah puis la création de l' Etat d' Israel ont changé la donne. La judeité nouvelle se fixe un double objectif : défendre les interets communautaires, mais également l' Etat hébreu "quelle que soit sa politique " ( déclaration du président du CRIF, D.Prasquier, au micro d' I TV le 8 février 2012 ). La communauté est sure de sa richesse et de sa force. Le diner annuel du CRIF précisément, action de lobbying ou court s'entasser l' oligarchie, en témoigne. Ses membres occupent souvent d'éminentes fonctions dans la politique et l'économie, la haute administration, l'université, la recherche, les médias. Son influence est incontournable.

C'est le contraire d' un "antisémite" qui s'exprime (finissons en une bonne fois avec ce chantage- là) : l' arrimage inconditionnel au gouvernement sioniste incite à se demander jusqu'ou il convient d' approuver. Question que se posent  nombre de juifs eux-memes. Le raisonnement s'essouffle, qui consiste à prétendre qu' Israel étant "l'unique démocratie" dans sa région, critiquer est affaiblir. Comme si les violations du Droit international, qui en l' affaire ne manquent pas, n' étaient pas autant de coups portés au système démocratique et à la recherche de la paix. Aider Israel est aussi l'aider à reconnaitre ses erreurs pour que la vérité ne soit plus abandonnée aux haines et les mensonges à la passion.

En conclusion, si l' on est voué à "construire l' Europe", acceptons a fortiori le cadre non ethnocentré d'une identité nationale que nul ne saurait modeler à sa guise.

 

 

 

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