Celui qui y croyait et ceui qui n'y a pas cru

Publié le par memoire-et-societe

La Résistance est pour moi rattachée à des êtres que j'ai vus, entendus, évalués en tant que pré-adolescent conscient de la situation exceptionnelle que nous vivions. Je souhaite ici rendre hommage à l' un d' entre eux, que les historiens officiels de cette période ne citent guère.

Un dimanche après-midi de l' hiver 1942-43, j' ai accompagné mes parents rue Lhomond à Paris, juste derrière le Panthéon. Un homme à cheveux blancs nous a introduits  dans son bureau croulant sous les livres et les journaux : il s' appelait  Amédée Dunois (pseudonyme de Gabriel Catonné), nom familier au mouvement ouvrier depuis le congrès de la 2ème Internationale en 1907 à Amsterdam.

Jusqu' à sa mort à plus de 67 ans au camp de concentration de Bergen-Belsen, quelques semaines à peine avant  l' armistice, ce puits de science, indifférent aux mandats et aux honneurs, a été associé à tous les évènements impliquant la gauche européenne.

Collaborateur de l' "Encyclopédie anarchiste " de Sébastien Faure, journaliste à  la "Bataille syndicaliste " puis à  "L' Humanité ", il était le voisin de table de Jaurès quand celui-ci fut assassiné le 31 juillet 1914. Dunois se range derrière Romain Rolland en faveur de la paix durant la première guerre mondiale avant de rallier la 3èmè Internationale (communiste) au congrès de Tours. Il est invité à ce titre, en janvier 1924, aux obsèques de Lénine à Moscou. Peu après, il se rebelle contre les méthodes de bolchévisation du  P.C qu' il quitte en 1927 pour rejoindre la S.F.I.O. Il y dirige la "Nouvelle Revue socialiste " en compagnie de Jean Longuet, le petit-fils de Marx. Hostile aux accords de Munich (1938), Dunois entre d' emblée dans la Résistance sous le nom de Nicolas Moreau. Arrêté en janvier 44, il succombe à  la déportation en février 1945.

S'il vous arrive d' entrer au Panthéon, précisément, vous trouverez ,au fond du bâtiment à droite, un pilier voué " Aux écrivains morts pour la France ". Au sein d' une liste qui recense noms connus et moins connus, celui d' Amédée Dunois.

Plus notoire, en revanche, le nom de Jospin. Robert Jospin...oui, le père. Pacifiste  " intégral ", comme on disait alors, il justifiait le "coup de Prague " par le besoin d'  " espace vital ". Pendant l' occupation, il adhère à la " Ligue de la pensée française ", proche de Laval. Nommé conseiller municipal de Meudon par Vichy, il est  "retenu " par les résistants locaux dans le sous-sol de la mairie en août 1944  avant de gagner Paris ou il bénéficie d' amitiés maçonniques. Rappel un peu mesquin sans doute, si l'on n' avait récemment entendu le fils, Lionel, évoquer  "la Gestapo à la maison ". Pour dîner ou pour perquisitionner?

Compte tenu de l' enthousiasme relatif que manifestait  M.Jospin père pour les "bellicistes " antifascistes, on est en droit de se poser la question.

Publié dans histoire

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