A propos de bilan

Publié le par memoire-et-societe

 La Constitution de la Vème République a été conçue en 1958 par et pour Charles de Gaulle.Il l' a utlisée durant onze ans, mais peut-être pensait-il qu' elle ne lui survivrait pas. Ebranlé par les évènements de 68, il a perdu de peu en 1969 un referendum sur le Sénat et la Décentralisation. Tirant la conclusion de son échec, il a aussitôt démissionné de la présidence de la République. Il décédait un an plus tard.Le bilan de ces onze années n' est pas mince : fin de l' instabilité gouvernementale (mal endèmique de la IVème ), arrêt de la guerre d' Algérie, indépendances africaines, développement de la dissuasion nucléaire, réconciliation franco-allemande, élection du président au suffrage universel, renforcement de l' influence de la France au niveau international, notamment dans le tiers-monde.

Georges Pompidou lui a succèdé. Septennat abrégé par la maladie et entâché par une erreur historique : l' entrée de la Grande Bretagne dans la CEE , récusée pourtant par de Gaulle, pour faire contrepoids à la puissance industrielle de l' Allemagne. Aujourd'hui l' Allemagne, réunifiée, est deux fois plus forte que la France, et l' Angleterre a eu tout loisir de torpiller de l' intérieur le projet d' Europe fédérale.
Surgit Valéry Giscard d' Estaing. Ce pseudo aristocrate amateur d' amours ancillaires et de safaris africains, sera un président de transition, soucieux de l' élargissement constant de la Communauté européenne sous l' oeil vigilant de l' ami américain. Que reste-t-il de VGE? Des histoires pas claires de diamants, quelques souvenirs de petits déjeuners avec des éboueurs, d' airs d' accordéon, et d' accident de voiture "à l' heure du laitier " sur le trajet qui va de chez une maîtresse à l' Elysée.Une vraie intelligence barrée par une réelle légèreté.

Chirac fait battre Giscard en 1981(celui-ci avait contribué à vaincre de Gaulle en 1969). C'est " l'alternance " appelée à "changer la vie ". Pour la première fois dans la Cinquième République, un socialiste accède à la magistrature suprème. Sauf qu' il n' est peut-être pas vraiment socialiste, ayant été auparavant bien des choses : étudiant d' extrème droite avant guerre, fonctionnaire à Vichy  puis résistant, élu de centre droit  puis de centre gauche, très ferme ministre de la Justice au temps de la guerre d' Algérie puis anticolonialiste résolu après le conflit, champion de l' Union de la Gauche se fixant pour objectif  l' élimination du P.C.Le "Florentin " se veut européen pour l' Histoire: il pousse à la création de l' euro, auquel n' adhère naturellement pas Mme Thatcher. Ah oui : Mitterrand (c'est de lui qu' il s' agit ) a aussi abaissé à 60 ans l' âge de la retraite. Les dernières années de son second septennat sont pathétiques : le vieux monarque, rongé par le cancer, libéré des secrets de sa vie privée, ne dialogue plus qu' avec la Transcendance, incarnée pour l' occasion par Jean Guitton et Jean d' Ormesson. Le  "socialisme " expire sous les yeux d' un Jacques Chirac fin prêt. Le Roi est mort, vive le Roi.

Chirac aurait fait une aussi brillante carrière politique sous la Troisième République : président du Conseil radical, quelque part entre le père Queuille, Camille Chautemps et Yvon Delbos. Ces gens-là avaient une recette : trouver le point d' équilibre et ne plus en bouger. Chirac a retenu la leçon, serré des mains et hanté le Salon de l' Agriculture.

 Point en sa faveur : il a professionnalisé l' Armée et évité de l' envoyer en Irak, avant de finir lui- même en correctionnelle. En 12 ans de règne, ce n' est quand même pas époustouflant.

Aussi son successeur Sarkozy  s' est-il empressé de prendre le contre-pied de ce roi fainéant et coûteux. Il n' a cessé de s' agiter, souvent  trop et mal, mais a réformé. Plutôt en marche arrière qu' au profit du pouvoir d' achat. La crise en est-elle responsable? En partie, à la rigueur. Le patronat a été bien servi mais la désindustrialisation s' est poursuivie, les plans sociaux multipliés, la précarité accrue, le chômage des jeunes intensifié. On en viendrait presque à regretter l' immobilisme chiraquien, la fourberie mitterrandiste et les fantaisies giscardiennes.

Bilan : vous trouvez que la France a eu de la chance depuis 43 ans, vous?

 

 

 

Publié dans politique

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