SUR LE CAS MELANCHON

Publié le par Jean-Pierre Biondi

La gauche française est en capilotade. S' il n' est pas, sans doute, l' unique responsable du passage d'une frange conséquente des masses populaires à l' abstention civique, Jean-Luc Mélanchon porte en l' affaire sa part de responsabilité. Le comportement d' un personnage public et sa subjectivité ne restent pas sans influer, positivement ou non, sur une société.

Qui est J-L. Mélanchon? Sa biographie le présente comme "professeur". Il l' a été peu de temps, sur un poste d' auxiliaire. Depuis 1983, il vit des revenus de la politique. Fils de "Pieds noirs" divorcés, sa jeunesse a été jalonnée par les étapes de la carrière de sa mère institutrice : en Normandie puis dans le Jura. Il passe une licence et un CAPES de Lettres modernes tout en militant à l' " Organisation Communiste Internationaliste" (O.C.I), mouvement trotskiste auquel a également appartenu, malgré ses dénégations, Lionel Jospin.

Mélanchon ne s'y attarde pas. Il rallie en 1976 le Parti de Mitterrand, sa nouvelle idole, et y rencontre Claude Germon, maire de Massy, dans l' Essonne, dont il devient le directeur de cabinet. En 1986, trois ans plus tard, il est secrétaire départemental du P.S  élu sénateur. Alors, les portes s'ouvrent. Il amasse fonctions et mandats: animateur d' une tendance du Parti, président de Conseil général (1998), ministre délégué sous Jospin (2000), co-président fondateur du Parti de Gauche (2009), député européen puis à nouveau sénateur, fondateur en 2016 de "La France Insoumise", député de Marseille et président de groupe parlementaire. Son obsession: supprimer de la carte l' anachronique Parti socialiste qui n' a pas voulu reconnaître son charisme.

Car Mélanchon souffre d' un ego ultradimensionné, parfois enfantin. Rien, par exemple, ne le ravit davantage que d' entendre louer ses facilités oratoires ou son bagage historico-politique. Son carburant est un orgueil qui, à force d' invectives tous azimuts, d' excès de démagogie et d' autoritarisme, l' isole jusque parmi les siens, comme en témoigne sa rivalité avec le très électron libre et député Ruffin. La solitude, on a l' impression que l' ex lambertiste (trotskiste de la variété intraitable) la choisit et la subit à la fois. Il a 68 ans. C' est tard pour continuer à rêver de devenir le Fidel Castro de l' Europe.

D' autant que les innombrables démêlés avec la Justice, qu' il partage en compagnie de son égérie, Sophia Chikirou, spécialisée dans les budgets de Communication, ou les rumeurs de népotisme qui courent sur le compte de ce tribun du peuple, paraissent participer de la stagnation des sondages relatifs à L.F.I (7% aux prochaines élections européennes).

Quoi qu' il en soit, l' avenir du néo marseillais ne semble pas trop lui sourire. A l' intérieur de la gauche, ses excommunications et ses problèmes financiers ne lui valent pas que des alliés. Son impact sur les Gilets jaunes s' est révélé inexistant, malgré son ode à. Eric Drouet. Le discret appui maçonnique se dérobe en raison du comportement de ce "Frère" avec les autorités judiciaires et policières. Partisan plus qu' idéologue, passionné plus que cohérent, il ne demeure vraiment crédible qu' aux yeux de ceux à qui son bluff et ses envolées lyriques font encore illusion.

La réalité est dure à affronter : le "leader" risque de ne laisser bientôt que la trace d' un Tartarin dont les vantardises ont concouru à l' éparpillement et  l' effondrement du mouvement social de son temps.  Attristant  bilan qui désespère tous les Boulogne-Billancourt du pays.

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