QUI LIT ENCORE...X?(2)

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Maxence Van der Meersch est mort de tuberculose à 43 ans. Né à Roubaix dans la petite bourgeoisie, il révèle dès son jeune âge des aptitudes pour l' écriture (Premier Prix du Concours Général de dissertation). A 20 ans, il commence à vivre, contre le gré de son père, avec une jeune ouvrière qui sera son unique amour et qui lui inspire la trilogie romanesque "La Fille pauvre".

Devenu avocat, il délaisse bientôt la robe pour la plume, accumulant les succès de vente avec "La Maison des dunes" (1932, sur la contrebande dans le dunkerquois), "Quand les sirènes se taisent" (1933, sur les grèves des ouvrières du textile),"Invasion 14" (1935, sur l' occupation allemande du Nord), " L' Empreinte du Dieu (Prix Goncourt 1936, sur le destin d' une paysanne belge.

C' est cependant avec "Corps et Ames" (Prix de l' Académie française) qu' il connait des tirages-records. Il y prône une médecine naturelle, qui aurait sauvé sa compagne. Toute l' oeuvre de Van der Meersch est empreinte d' un humanisme chrétien qui ne lui épargne pourtant pas les critiques acerbes de l' Eglise à propos d' une biographie de Sainte Thérèse de Lisieux estimée par la Hiérarchie comme trop libre en regard de la vérité.


Réservé, en bon Flamand, vis à vis d' un milieu littéraire parisien "futile, mondain et capricieux", confiné loin des salons par la maladie, il soulève en 1947 une ultime polémique sur la thérapie médicamenteuse, antibiotiques compris, qu' il recuse, et sur le recours, contre la chimie, à la seule diététique.

L' oubli qui frappe aujourd'hui Van der Meersch, peintre fidèle des petites gens d' une région qu' il connait parfaitement, est inversement proportionnel aux performances éditoriales qui ont accompagné sa vingtaine d' années de création, laissant loin derrière lui des auteurs consacrés.

Cette disgrâce  est sans doute liée aux thèmes centraux de ses livres (la condition ouvrière des années 30) devenus quelque peu anachroniques et à l' emploi d' un style d' écriture sans grande originalité, plus proche du réalisme naturaliste que des recherches et nouveautés langagières (du Surréalisme à Céline) qui émergeaient à l' époque.

Van der Meersch est mort alors qu' il rédigeait "Invasion 40", suite attendue d' "Invasion 14". Nul doute que cet auteur populaire doué et rétif, prolixe et replié, ce grand solitaire en un mot, aurait fourni là, sur un lieu et un moment, un témoignage d' écrivain qui fait défaut

Publié dans littérature

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