QUI LIT ENCORE...X?(1)

Publié le par Jean-Pierre Biondi

" Qui lit encore...X? " est une suite d' articles consacrés à des écrivains que nous ne lisons plus. Leur nom ne nous est pas inconnu. Leur notoriété a été grande. Mais personne ne va plus fourrer son nez dans leurs oeuvres. Rappeler leur existence est presque jeu d' érudits ou d' originaux. A tout seigneur, tout honneur : Georges Duhamel.

Dire que G.Duhamel n' est plus lu peut paraître un paradoxe, tant il a accumulé, de son vivant, d' éloges et de succès. Né en 1884 à Paris, il a partagé sa vie entre la médecine, la littérature et Wagner.

Son premier fait d' arme est d' avoir été, en 1906, l' un des fondateurs de "L' Abbaye de Créteil", phalanstère d' écrivains et d' artistes se recommandant de l' unanimisme, autrement dit de la peinture de l' individu sous son seul angle social. Duhamel en a tiré une savoureuse évocation dans "Le Désert de Bièvres", l' un des volumes de "La Chronique des Pasquier" qui le relie à la tradition du roman-fleuve installée par Balzac ("La Comédie humaine"), Zola ("Les Rougon-Macquart"),Jules Romains ("Les Hommes de bonne volonté") ou Martin du Gard (" Les Thibault").

Après une guerre héroïque comme chirurgien du Front en 14-18, il publie son témoignage, "Civilisation", sous le peudonyme de Denis Thévénin et reçoit pour l' ouvrage le prix Goncourt 1918, deux ans après Henri Barbusse, couronné pour "Le Feu". Vient ensuite "Confession de minuit" où des critiques voient aujourd'hui un texte précurseur de "La Nausée" de Sartre et de " L' Etranger" de Camus.

Elu à l' Académie française en1935, il est, durant l' Occupation, la bête noire des Nazis qui interdisent ses livres. Il est, avec Valéry et Mauriac, le symbole de la résistance face à la Compagnie des gérontes ralliés au pétainisme, incarnation de leur idéologie. Duhamel,par un juste retour des choses, devient Secrétaire perpétuel à la Libération, avec un vibrant hommage du général de Gaulle.
Puis son étoile pâlit peu à peu. Il avait acquis la notoriété grâce à ses cycles littéraires, une mode qui perd de son influence face à l' apparition des Existentialistes et du Nouveau roman. Les modes sont injustes. Georges Duhamel et son oeuvre ne méritent pas le demi oubli dans lequel les tiennent les actuelles générations.


 

Publié dans littérature

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article