JOURNALISTES ET POLITICIENS

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Brexit, Trump,poussées nationalistes à travers l'Europe, autant de signes d' un tournant des sociétés occidentales morcelées par la mondialisation du capitalisme:élites,peuples,immigrés, constituent le trépied d' un Ordre nouveau.De là, des rapports de plus en plus complexes entre le pouvoir politique et l' opinion.

De politiciens jouant aux journalistes (chefs de Parti ou d' Entreprise),on n' a jamais manqué. L' inverse est moins fréquent. J' y songeais, entendant le député européen Cavada commenter le Brexit. Cavada a effectué un parcours professionnel heureux jusqu' à la présidence de Radio France.Parvenu à la retraite, il s' est tourné vers une activité qui lui semblait logiquement devoir couronner sa carrière:la politique.

C' était tard pour un début et le bagage était léger. On ne l' avait jamais vu se positionner, sinon sur un europeïsme de principe qui n' engageait à rien. Bayrou, qui venait de créer le Modem et cherchait de nouvelles têtes, n' a eu aucune peine à recruter le récent retraité, et à le caser au Parlement de Strasbourg avant de l' envoyer dans une circonscription du Val de Marne solidement tenue par un sarkozyste.

Le résultat fut tel que nul n' a depuis revu l' ex journaliste dans la région. D' autant que, pour éviter d' être lui- même victime du reflux du Modem, Cavada s' est vite rallié au "Nouveau Centre" inspiré par des transfuges(Morin,Leroy) soucieux de ne pas se retrouver coupés de la majorité UMP. C' est donc avec cette seconde étiquette qu' on retrouve peu après Cavada candidat aux élections municipales dans le XIIème arrondissement de Paris. Autre dégelée, cette fois au bénéfice des socialistes. Le "terrain" n' est décidément pas le point fort du Communicant.

Simple exemple d' une règle non écrite:une certaine notoriété médiatique ne suffit plus à garantir un succès électoral. Celui-ci requiert des conditions de plus en plus prégnantes que négligent les amateurs: des convictions confirmées par l' expérience des confrontations sociales, un ancrage réel et continu parmi les citoyens, un flair qui sache détourner de zigzags opportunistes peu appréciés des électeurs. Les jeux de pouvoir ont leurs exigences. Le plateau d'une télévision toujours suspecte de partialité n' est pas désormais l' antichambre des Palais d'une République en perte de vitesse, voilà qui éclaire autrement les vieux rapports entre leaders d' opinion et  journalistes-vedettes qui se rêvent ministrables.

P.S. Pour qui s' interrogerait sur mes trois derniers mois de silence, je précise que j' ai subi une longue hospitalisation consécutive à une chute(tendon rotulien arraché).Ce fut long et douloureux.

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