S' agissant de la "légèreté française"

Publié le par memoire-et-societe

La France et les Français -ce qui n' est pas exactement la même chose- souffrent-ils de préjugés négatifs issus de la conjoncture? Il a de tout temps existé de multiples clichés affectant les communautés nationales. Si l' Espagnol est "fier" et l' Anglais "égoïste", l' Allemand, lui, est "travailleur" par définition et l' Italien "coureur" de naissance. Quant à l' Américain, tout le monde sait ça, c' est un "grand enfant".

Le Français, bien sûr, ne saurait échapper à ces a priori, plutôt chauvins ou xénophobes. J' ai eu maintes fois l' occasion d' entendre sur ma nationalité des opinions définitives. Il convient alors de distinguer ce qui concerne le pays, arguments à l' appui, de ce qui touche à sa population, plus anecdotique.

A New York d' honorables buveurs de vin de Bordeaux ont versé leurs bouteilles au caniveau quand Chirac a refusé de soutenir l' intervention américaine en Irak. Mais ils avaient fait du Français "ingrat" un être d' exception quand "les Bleus" avaient remporté la coupe du monde de football.

Hitler, niant la défaite allemande de 1918, décrivait la France dans "Mein Kampf", comme une nation décadente "enjuivée et négrifiée", source de l' "Art dégénéré". Nous n' en sommes plus là, mais semble encore prévaloir, dans les propos de dirigeants et journalistes anglo-saxons particulièrement, une joie maniaque à dénoncer ( "french bashing") la "légèreté française" tous azimuts.

Suis-je "léger"? Sommes-nous viscéralement "légers" ? Senghor disait cela de Giscard, ajoutant qu' il le trouvait "intelligent". Nos proches alliés allemands, qui goûtent notre culture et notre art de vivre "wie Gott in Frankreich", mais ne se paient pas de mots, ne peuvent réfréner un sourire crispé quand, en Européens conséquents, ils évoquent l' efficacité de la rigueur budgétaire hexagonale.

Les milliardaires russes adorent Chanel. La classe moyenne chinoise est folle de Vuitton. Le Qatar ... Peut-être que cela ne fait pas "sérieux". Ou bien faut-il chercher les racines d' un relatif discrédit dans l' Histoire et la Religion? La révocation de l'édit de Nantes, l' insolence du Roi Soleil, les guerres napoléoniennes, les rivalités impérialistes et les couacs de la décolonisation, continueraient ainsi à entretenir des rancunes inavouées et des haines postcoloniales proclamées.

Toutefois comment, dans nos sociétés de plus en plus métisses, concilier une "légèreté" et une "irresponsabilité" génétiques avec un jugement trop global pour être pleinement convaincant?

Publié dans société

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Remy 18/08/2014 18:43

Que j'apprécie !