L' anti-parisianisme est-il toujours justifié?

Publié le par memoire-et-societe

A l' école de ma ville natale, à quarante kilomètres de Paris, les enfants chantaient : " Parisiens têtes de chiens, Parigots têtes de veaux..." Cet anti-parisianisme, je l' ai, par la suite, souvent rencontré, plus ou moins marqué : au pays de mon père, en Corse, " victime du colonialisme de l' Etat français" ( au demeurant, un colonialisme plutôt confortable), moins excessif au pays de ma mère, la Bigorre, dont une longue pratique du radical-socialisme tempère les propos, au pays de mon épouse, l' Alsace, où l' Histoire réunit l' exaltation patriotique et une forte attirance pour la culture germanique.

L' anti-parisianisme revêt les aspects les plus anecdotiques : deux de mes petits-fils, ados nés dans les Hauts de Seine et vivant dans le Midi, supporters de l' O.M, ont basculé dans le camp des farouches adversaires du P.S.G et, par ricochet, chez les détracteurs de tout ce qui émane de Paris. Quant à moi, domicilié dans la capitale après des années de séjour à l' étranger, que suis-je, sinon un Parisien sans honte ni orgueil, comme des millions d' autres?

Ce cocktail de la tradition et de la conjoncture a créé, sans remonter à François Villon, une identité qui a communiqué au reste de la Nation un sentiment réservé, d' où il ne faut pas d' ailleurs évacuer toute jalousie. En y regardant de plus près, on relève diverses sources d' anti- parisianisme :

- l' agacement face au Parisien snob et condescendant, empruntant, au sortir de l' Ile de France, des manières d' ethnologue s' étant aventuré dans les marches du Royaume. Ethnocentrisme d' autant plus inadapté que les "Régions" sont en partie peuplées d' ex Parisiens en retraite que n' épate pas le halo de la Ville-lumière.

- L' hostilité à un élitisme jacobin qui tend à considérer la "province" comme une espèce de survivance intermédiaire entre la Capitale et l' Empire perdu, et à convaincre la jeunesse que toute réussite nécessite de "monter" à Paris, le terme "monter" n' étant pas à prendre selon le seul axe sud-nord.

Depuis le 17ème siècle, les Moralistes et Molière (" Les Précieuses ridicules"), puis Balzac, Théophile Gauthier ou Vallès ont évoqué la méfiance provinciale. Aujourd'hui pourtant, le mythe parisien a perdu quelque altitude :

- le mythe américain lui livre une féroce compétition

- le Parisien de souche est une denrée rare, submergée par le brassage ethnique

- la décentralisation, qui a beaucoup progressé, aide d' autres métropoles hexagonales à fixer plus aisément les populations environnantes

- on vit, à revenu égal, mieux en région qu' en Ile de France (qualité de vie et conditions de logement)

-fatigue et stress dus au bruit, à la difficulté de circulation, à la pollution, sont le lot quotidien de 12 millions de Franciliens anonymes que ne peuvent occulter les faits et gestes des VIP et des "people" que narrent inlassablement les média.

L' anti-parisianisme aveugle ne se justifie donc pas plus que son opposé, le parisianisme : toute exclusion est in-signifiante.

Publié dans société

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costa janine 30/06/2014 17:52

je reconnais sous certains aspects , que tu as raison mais paris est la plus belle ville du monde , moi qui vit en provence , depuis 58 ans , les musées, les monuments me manque , ce que je ne rendez pas compte pendant mes dix huits passer à paris. heureusement la télé montre souvent des émis cachés du grand public. et cela me fais plaisir amitiée janine

pat 01/12/2014 11:37

Pour dire que Paris est la plus belle ville du monde il ne faut pas avoir beaucoup voyagé !!! J'ai parcouru de nombreux pays et des villes plus belles que Paris il y en, il faut juste arrêter de se regarder le nombril ...