Brigitte n' est plus

Publié le par memoire-et-societe

Brigitte était ma compagne. Mon amie, ma jeune soeur, ma confidente, ma complice. Un coup de fil, un dimanche. Taxi. Un long couloir, rue Thuillier, ouvert d' un côté sur un parking, puis l' entrée du bâtiment, l' ascenseur. Chambre 138. Ses enfants sont déjà là.

Je ne sais jamais pleurer sur le coup : ça se passe à l' intérieur. Quand je me mets à pleurer, c' est en différé et en cachette, subitement. Pourquoi à ce moment inattendu?

Je garde les yeux désespérément secs. Je caresse son visage glacé. Que dire? En réalité, je ne réalise pas bien. Le choc est toujours trop brutal. Quelques heures avant, tard la veille, elle m' avait envoyé un SMS...

Je participe mal aux afflictions collectives. J' ai l' impression de céder au conformisme. L' estocade, c' est à l' instant où l' on se retrouve face à soi-même, dans le vide. On cherche les signes d' une présence habituelle, on attend l' appel du portable, on guette une heure convenue. C' est alors que le fameux vide creuse en vous.

Brigitte n' est plus. Je me révolte. C' est impossible, c' est trop injuste! Ne plus la voir, intolérable! Quelle force s' est donc permis de l' arracher au monde, de nous la voler?

Elle a donné son corps à la Science. L' autre matin, on est venu la chercher, au funerarium. Pas de tombe, pas d' urne. Brigitte n' est plus.

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bionfi 28/05/2014 09:01

Magnifique texte, beaucoup d émotion, merci

costa janine 16/05/2014 17:50

ma page s'est interrompue , dis moi quand tu voudras que je t"appelle j'aimerai t'apporter quelque mots .si tu va sur facebook je t'ai mis une pensée pour elle.avec ma fidélitée une amie sincére qui comprend ta peine mon ami à bientot courage