Vendeurs de vent et autres cravateurs

Publié le par memoire-et-societe

Chaque époque a eu ses charlatans (talentueux ou non), opérant en marge d' une opinion peu éclairée. Il n' y a aucune raison pour qu' il en soit aujourd'hui autrement. Seuls les terrains de manoeuvre ont forcément changé. Hâbleurs, bluffeurs, fumistes se bousculent au portillon. Les citer demanderait trop de place, c' est pourquoi il est préférable d' identifier les "créneaux" où ils font leur numéro : la mondanité publicitaire, le "conseil en communication", l' esbrouffe journalistique, l' investissement prospectif ou la rente sécuritaire.

L' énumération renvoie à des personnages insérés dans notre quotidien et s' y prélassant avec une suffisance à la limite du tolérable. Ces gens, bien sûr, gagnent beaucoup d' argent à discourir et se montrer, donnent un avis sur tout et sur rien, paradoxaux pour ne pas paraitre conformistes, mesurés pour ne pas sembler excessifs. Ils s' estiment en quelque sorte animateurs de droit de la comédie du pouvoir. Des noms, en voici :

A tout seigneur tout honneur : Jacques Séguéla, à l' origine pharmacien, se présente comme "publicitaire" Ayant co-fondé l' Agence RSGG dans les années 70, il a marqué les élections présidentielles de slogans tels que "La force tranquille" (1981) ou "Génération Mitterrand" (1988). On l' a vu faire du lobbying pour Jospin, puis vendre l' icône DSK avant l' affaire du Sofitel. C' est lui enfin qui a "rabattu" Carla Bruni vers Sarkozy, pour lequel il a ,en 2007, voté au second tour après avoir incité à opter pour Ségolène Royal au premier. Il est passé à la postérité avec cette réflexion profonde : " Si à cinquante ans on n' a pas une Rollex, c' est qu' on a raté sa vie! ".

Stéphane Fouks, ancien rocardien comme Valls, Pigasse et Bauer, est, lui, répertorié en tant qu' "expert en communication", branche "conseil politique". On peut dire qu' il n' a pas toujours eu la main heureuse : après avoir "conseillé" Jospin avec le résultat qu' on connait, il a misé tour à tour sur Strauss-Kahn, puis sur Cahuzac. Vraiment la poisse. A tel point que le grand patron, Vincent Bolloré, a décidé de mettre fin au secteur, pourtant traditionnel dans la maison, du "conseil aux ministres". Fouks s' est refait peu à peu une santé, ou plutôt une audience, avec la présidence d' Euro RSGG, ex boite de Séguéla devenu vice-président d' Havas, et en se hissant au comité directeur du CRIF.

Franz-Olivier Giesbert, alias FOG, a pignon sur plusieurs rues, sautant à l' aise de la direction de la rédaction du "Nouvel Observateur" au directoire du "Figaro" d' Hersant (1988), puis à la direction du "Point" de François Pinault (2000), où il expérimente des "une de couverture rentre-dedans" et affûte ses attaques "ad hominem". Intouchable grâce à son réseau de relations et de pistons tous azimuts, il s' est trouvé impliqué dans quelques affaires sulfureuses et déclarations provocatrices finalement destinées à servir sa publicité personnelle. Un documentaire récent, "Les nouveaux chiens de garde", le donne pour modèle des collusions existant entre le pouvoir politique et certains responsables des médias.

Jean Viard, docteur en sociologie et conseiller municipal de Marseille, d' abord lié à Jean-Noël Guérini avec lequel il a co-signé "Marseille, le temps d' un projet" (2007), et aujourd'hui porte-parole de Patrick Menucci, concurrent de Gaudin pour la mairie, figure dans un nombre incalculable d' organismes, groupements et comités se chargeant d' étudier la "prospective", une discipline aux contours assez difficiles à définir. La journée ne comptant que 24 heures, J.Viard est souvent conduit à dispenser ses recommandations à distance, ce qui, au demeurant, ne parait nuire ni à l' évaluation de ses prestations ni à une image publique entretenue par ses multiples interventions dans la presse et les médias (Journal du Dimanche, Emissions télévisées,etc).

Xavier Raufer est l' homme qui n'a jamais fini de vous révéler "combien c' est grave". Ce criminologue sentencieux, de son vrai nom Christian de Bongain, a débuté dans les groupuscules d' extrême droite "Occident" et "Ordre nouveau" où il a déniché ses premières relations : Longuet, Novelli, Madelin, Gauchon, notamment. Passé par le giscardisme puis " L' Express" au temps du milliardaire Goldsmith, il s' est alors institué "expert international en terrorisme". Ce qui lui a ouvert d' autre portes et permis de grenouiller dans diverses officines plus ou moins éphémères patronnées par la CIA et les "Réseaux Foccart" ( Agence SERVICE, SAC, Institut d' Histoire Sociale de l' ex collaborateur Albertini, Institut Supérieur du Travail ), tous focalisés sur l' anticommunisme et l' antiislamisme. A partir de là, un marchand de peur se constitue une solide clientèle : ce qu' a fait Raufer, qui enveloppe l' idéologie sécuritaire d' un substantiel zéphyr...

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costa janine 26/03/2014 15:40

j'apprécie bien que je suis pas trop experte en la matiére .mais qu'elle va étre la suite maintenant hélas !!!!!