L' ininformation continue

Publié le par memoire-et-societe

Le terme "information", s' agissant entre autres des chaînes publiques de TV entretenues par le contribuable, est utilisé à contre-emploi. Il convient plutôt de parler d' ininformation, si l' on se réfère par exemple au journal de 20h. de la 2, dont la présentation est, parait-il, une consécration professionnelle. Je le dis tout cru : j' aurais honte d' assumer une telle émission en cet état.

Je n' entre pas dans les détails : l' "ouverture" du journal, sa hiérarchie, sa structure (10 à 15 minutes d' actualité, et une série de sujets magazines mineurs et intemporels), le vide de la plupart des contenus, l' absence de mise en perspective des évènements ou parfois le caviardage d' un fait risquant de déplaire en "haut lieu", des interviews, à la limite de la niaiserie, de comédiens venus promouvoir une pièce ou un film, la monotonie de l' image d' un homme ou d' une femme-tronc lisant, oreillette sur la tempe, un prompter, tout cela relève d' un rite destiné à l' engourdissement citoyen par injections d' ininformation continue.

C' était ainsi sous Sarkozy. Cela n' a pas bougé d' un pouce sous Hollande. Pujadas n' a donc pas eu à retourner son gilet rayé pour peaufiner, impavide, le plat du jour, à savoir la publicité de la politique du pouvoir en l' absence de toute contestation véritable.

Les princes actuels de la République ne se retiennent pas plus que du temps mémorable du flic Peyrefitte. En la matière, la modérartion gouvernementale est hors de saison et la finance sans frontières dort tranquille, protégée par des micromesures discrètes, des touches indolores noyées dans la brume législative, des décrets inaperçus, inspirés par les lobbys omniprésents, et des distributeurs d'information anesthésiante. Des opérations off report, sous embargo, top secret , confiées à des repreneurs sans domicile fixe, aboutissent ainsi à des fermetures brutales de sites, au largage soudain de milliers de "collaborateurs" , et à des dettes abyssales que le contribuable à revenu non dissimulable, encore lui, est destiné à éponger.

Pour faire avaler la pilule, l' ininformation est confiée à des "experts", employés concurremment par les médias publics ou de grands patrons, et pouvant servir la soupe à droite ou à gauche. Leur tâche n' est pas surhumaine : vendre (le plus cher possible) le consensus libéral par escamotage de la contradiction entre les intérêts du Capital et ceux du Travail. C'est l' Economie expliquée à l' antenne par des communicateurs spécialisés comme MM. Beytout et Lenglet...

L' ininformation continue est le manque confirmé de respect du bon peuple.

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