P.S : vers une débandade

Publié le par memoire-et-societe

Loin de raffermir son unité, l' exercice du pouvoir ne cesse d' élargir les lézardes qui minent le Parti socialiste. Je persiste à dire qu' outre des clivages originels mal résorbés, ses difficultés proviennent du fait qu' en 2012, cette organisation n' était pas préparée à la succession. Promesses approximatives, alliances hâtives, expérience de la vie internationale insuffisante, évaluations erronées de la réalité budgétaire, tout indique que, les dossiers n' ayant pas été assez bûchés, l' improvisation puis les reculades et les contradictions allaient vite s' imposer

La base du P.S comprend assurément nombre de militants respectables, sincères et dévoués. Au sommet, de Hollande à Marisol Touraine, d' Ayrault à Peillon, la conviction républicaine ne saurait être mise en doute. Mais, à côté, combien d' intrigants et de combinards!

Ce Parti, qui n' a pas encore actualisé la doctrine et n' ose s' y atteler vraiment, est dès lors renvoyé à des problèmes étroitement électoraux ou de survie clanique. Ne nous arrêtons pas aux questions de personne, qui font tout de même des dégâts, de Mellik, le champion automobile sponsorisé par Tapie, à Besson, Strauss-Kahn, Cahuzac, Guérini, et d' autres de moindre renommée. En revanche, il serait instructif d' en savoir plus sur la stratégie diplomatique de Fabius, tonitruant sur la Syrie et quasiment inaudible concernant les affaires d' espionnage américain. Ou la tactique de Moscovici alignant des chiffres régulièrement corrigés par Matignon, Bruxelles ou l' OCDE. D' ailleurs, comment un ministre des Finances a-t-il osé s' attaquer à l' épargne populaire au moment précis où était connue la réduction ahurissante des impôts qui auraient dû être prélevés sur le pactole que le contribuable a servi à Tapie, encore lui ? Ou encore sur le calendrier de Vals, débordé à gauche par Taubira, ex indépendantiste guyanaise passée au parti radical ( de gauche...). Ou sur le rôle du fantomatique ministre de l' Agriculture Le Foll, qui n' a rien vu venir du malaise breton. Ou sur les calculs de Samya Ghali, sénatrice socialiste, qui fait siffler son chef, et de Harlem Désir, qui le contredit. Tous ces gens n' inspirent aucune confiance, contribuent à discréditer le système parlementaire et à ouvrir la route au Front National qui se délecte de la situation.

Les trempes que la "génération Mitterrand" risque de ramasser aux prochaines consultations, concrétiseront le début de la déroute que freine encore la distribution des places. Le P.S choisira-t-il alors de demeurer une machine essentiellement électorale, penchant, selon les circonstances, vers un Centre flottant ou les vestiges d' une Gauche protestataire et sans projet crédible, ou bien fera-t-il le ménage qui s' impose dans ses idées et dans ses rangs pour renouer avec des priorités populaires dont son attitude laisse penser qu' il les a plutôt négligées ? Déboboïser et moraliser, c' est peut-être beaucoup demander... Sans un sérieux bilan d' étape, la débandade va donc s' accélérer.

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