L'altermondialisme est-il une réponse?

Publié le par memoire-et-societe

L' altermondialisme peut être défini comme mouvement sans frontières de lutte contre l' économie néo-libérale dominante. Pour l' essentiel, il constitue un front d' opposition à la mondialisation du marché, source d' inégalités et de différends entre les nations, entre les classes, entre les personnes.

Ses sévères critiques du Système, qui servent de dénominateur commun à ses multiples composantes, visent en priorité les Etats du G8 et les grands Organismes internationaux (OMC,OCDE, FMI, Banque Mondiale, BCE ), tous accusés d' envisager l' activité humaine sous le seul angle de la marchandisation, " D' autres mondes sont possibles ", affirme-t-il.

L' OMC est dénoncée comme assujettie aux industries du Nord, défavorable à l' agriculture du Sud, et finalement indifférente au fossé social et environnemental que creusent ses décisions. Quant au FMI, sont mis en cause ses choix guidés par un prélable idéologique social-libéral plus que par le souci d' un Développement concerté. Ils témoignent, selon les altermondialistes, d' une soumission aux milieux financiers qu' accentue le fonctionnement interne du Fonds où l' influence de chacun est proportionnelle à ses capacités de contribution. Les Multinationales,elles, en majorité américaines et militantes du libre-échange, sont ciblées en raison de leur stratégie de délocalisations et de manipulations fiscales, et de leurs responsabilités en matière de pollution.

L' altermondialisme en réalité ne représente pas un parti mais une mouvance qui rapproche, sans relation hiérarchique, des opinions et des sensibilités diverses, structurées ou non, s' efforçant de dégager des synergies dans ses "Forums sociaux" ( Seattle, Gènes, Porto Alegre, Bombay, Copenhague, Atlanta ). N' y prévaut aucune Doctrine, même si l' on y trouve des groupes identifiés : marxistes, tiers-mondistes, ex situationnistes, écologistes, souverainistes, libertaires, à l' image des innombrables adversaires du libéralisme économique.

En dépit de cette diversité, l' accord sur des points cruciaux esquisse une alternative envisageable à l' actuelle gestion du monde. Ainsi, le concept de développement durable permet-il de poser la question de l' exploitation incontrôlée des ressources qui s' épuisent, d' où l' idée de " décroissance soutenable ". La notion de souveraineté entraine, de son côté, celle de "sécurité alimentaire " que les projets de commerce équitable et d' allègement de la dette contribuent à conforter. Enfin, les Droits humains, bafoués sous toutes les formes et tous les horizons, réclament un Parlement mondial élu, pouvant légiférer entre autres sur la prévention et le règlement des conflits, la suppression des paradis fiscaux, la neutralisation des lobbies, la taxation des transferts de capitaux, l' interdiction de privatiser certains besoins vitaux, comme l' eau, ou d' imposer au genre humain le fichage informatique.

C' est là sans doute la base d' une résistance organisée aux maux causés par la dérégulation marchande. Les altermondialistes se considèrent déjà à l' origine d' avancées telles que la réduction de la dette des PMA, l' abandon de certains plans drastiques du FMI, et l' accès des pays pauvres aux médicaments.

Une réponse immédiate et absolue à "toute la misère du monde" produite par les déséquilibres économiques n' existe pas. L' altermondialisme, qui a su s' épargner l' avènement d' un Chef providentiel, semble offrir une chance de progrès. Derrière son cosmopolitisme, au-delà de ses discours parfois, ou encore, utopiques, il campe dans le paysage, un contre-pouvoir prenant en compte la souffrance de la partie la plus déshéritée de l' humanité.

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