Gauche : encéphalogramme actuellement plat

Publié le par memoire-et-societe

Il y a longtemps que la Gauche, à peine élue, n' a pas connu pareilles basses eaux. Le P.S , qui depuis 18 mois détient à peu près tous les leviers de commande, est représenté par un président dont le poids, dans les derniers sondages, ne dépasse pas 23%. Le P.C, au terme d' un impressionnant reflux, essaie de survivre en s' accrochant à la fois à un "Front de gauche" que son allié, Tartarin Mélanchon, s' acharne à décrédibiliser, et aux socialistes dans l' espoir de sauver ses mairies. Le NPA est à l'agonie depuis sa naissance. La Fête de l' Huma 2013 a été loin de battre des records d' affluence. Les nouveaux dirigeants syndicaux, Le Paon (CGT), Berger (CFDT), voient leur capacité de mobilisation réduite depuis l' échec en 2010 de la lutte contre la réforme des retraites. Les électeurs, "partielle" après "partielle", sont aux abonnés absents. Bref, à gauche, l' encéphalogramme est actuellement plutôt plat.

On discerne donc mal comment peut renaitre la confiance au sein du peuple de ladite gauche d' ici les Municipales et les Européennes du printemps prochain. Le spontanéïsme revendicatif, forme de désespoir que s' efforcent de canaliser les syndicats, devient le réflexe de la "base" , face aux licenciements, aux délocalisations et aux baisses de salaires. La démotivation générale détourne le monde du travail de l' engagement, conduisant à la résignation ou au "chacun pour soi" sans issue.

Quand des groupes défilent pour demander à travailler la nuit et le dimanche, on perçoit l' effet du coin enfoncé, les circonstances aidant, par les idées libérales dans la solidarité salariale et ce qu' on nomme la conscience de classe. Les arguments sont exactement ceux de la Droite : la liberté du travail, et une modernité qui penche à tout coup vers la remise en cause d' acquis sociaux. La violence de la crise et les pertes de pouvoir d' achat ne sont même plus évoquées. La tactique patronale, pour obtenir la flexibilité qui "règlera tout", est de recourir à une main d' oeuvre fragile, précaire et peu formée (étudiants, notamment).

Il ne s' agit là que d' une étape, que la logique libérale se promet d'étendre et de formaliser sans brusquerie. "Comment refuser du travail en période de chômage de masse? et l' étudiant, vous croyez qu' il n' est pas heureux de trouver du boulot le soir après ses cours pour payer ses études et sa chambre?". Ce qui pourrait paraître un recul obligé est présenté comme une véritable chance. Une chance qu' il convient, bien sûr, d' assurer

progressivement, patiemment à tous, volontaires ou pas, chefs de famille ou non, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, comme on fait depuis des années aux Etats-Unis, et dans les pays "soucieux de développement" .Un simple ajout au bas du contrat, pour gagner (et faire gagner) plus, malgré les combats de retardement de syndicats arriérés, vivant encore au XIXème siècle (où précisément les gens travaillaient aussi de nuit, et les femmes et les enfants 14 heures par jour).

La Gauche est K.O. debout : le mouvement social, dont elle souhaite être l' expression politique, serait-il à un tournant historique?

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